Sanctions post-« Finale CAN 2025 » – Après la CAF, la FIFA ?

Alors qu’une certaine opinion continue de s’interroger sur la nature d’éventuelles réactions officielles des fédérations marocaine et sénégalaise suites aux sanctions prononcées par la CAF, une autre frange elle, craint une montée au créneau autour des mêmes incidents par la FIFA, instance faîtière du football mondial.

Légitimité…

Moins de quarante-huit heures donc après les sanctions prononcées par les autorités disciplinaires de la CAF, beaucoup restent très attentifs aux publications médiatiques espérant une réaction de la FIFA. Surtout que le président de cette institution, Gianni Infantino, a été de ceux qui ont réagi sans fards, immédiatement après la rencontre. Ici, quelques extraits de ses propos « Nous condamnons fermement… inacceptable… la violence ne saurait être tolérée dans notre sport… » Mais une fois ses émotions extériorisées, le président de la Fédération Internationale de Football Association peut-il concrètement amener son institution à arbitrer et à « frapper » après le tableau désolant exposé lors de la dernière finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 ?

Finalement, la FIFA n’imposera peut-être pas de sanctions supplémentaires au Maroc et au Sénégal, après les incidents de la finale de la CAN 2025 et le verdict disciplinaire prononcé par la CAF. Pourtant, la FIFA qui possède bel et bien la légitimité juridique nécessaire pour intervenir, préfère généralement laisser ses confédérations continentales gérer leurs compétitions en première instance. Et pour le cas échéant, la CAF a déjà rendu son verdict.

Et de manière claire, les sanctions annoncées par la CAF ne concernent exclusivement que les compétitions africaines, et ne s’étendent pas à celles organisées par la FIFA, comme la prochaine Coupe du Monde 2026 à laquelle les deux pays ont qualifié leurs équipes.

Domaines d’intervention respectifs

Le choix de la FIFA de ne pas intervenir directement s’appuie principalement sur deux principes essentiels :

  • Le principe de subsidiarité : La FIFA reconnaît que les confédérations continentales comme la CAF ou l’UEFA, sont les mieux placées pour gérer et sanctionner les incidents survenant dans leurs propres compétitions. Cela permet une gestion plus proche et plus rapide des dossiers.
  • La nature des sanctions : Selon son propre règlement, la FIFA peut étendre une sanction continentale au niveau mondial, en particulier pour des infractions jugées particulièrement graves. Or, apparemment, les incidents de la finale CAN 2025 (sortie de terrain, comportements antisportifs), n’ont pas été classés dans cette catégorie par la FIFA.

Cette décision s’inscrit dans le cadre établi par les textes officiels :

Code disciplinaire de la FIFA : c’est le texte suprême de l’institution et qui s’applique à toutes les organisations membres et à toutes les compétitions internationales à travers le monde. Il définit les infractions (chapitre 1) et les types de sanctions que ses organes judiciaires, comme le Comité Disciplinaire, peuvent prononcer.

Autorité de la CAF : la CAN est une compétition de la CAF. C’est donc son Code disciplinaire et son règlement de compétition qui ont été principalement appliqués, pour analyser les faits et déterminer les sanctions.

La FIFA peut frapper, mais…

La FIFA peut donc effectivement étendre une sanction au niveau mondial. Seulement, il faut que la sanction initiale vise des infractions graves à l’instar de la manipulation de matchs, du fait d’interférences d’autorités politiques dans la gestion d’une association fédérale. Ce qui, de manière tangible, n’est pas le cas ici. Alors, même si le président de la FIFA a bien condamné les incidents, il est clair qu’aucune sanction automatique de la FIFA ne s’appliquerait. D’ailleurs, de source officieuse, la FIFA aurait même déjà clarifié qu’aucune sanction mondiale ne serait prise après celles de la CAF.

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