Bernabéu 2030 : quand le football qui « unit le monde » se heurte aux chants de la haine

Madrid – 9 septembre 2026. Le Santiago-Bernabéu veut être le théâtre de la finale de la Coupe du monde 2030. Madrid veut s’imposer comme une capitale mondiale du football. Mais une polémique vient rappeler qu’un grand stade ne se juge pas seulement à son architecture ou à sa puissance commerciale.

Des chants qui ne peuvent pas être banalisés

Avant Real Madrid-Inter Milan, des chants antisémites et islamophobes auraient été proférés par un groupe de jeunes supporters aux abords du Bernabéu. La Fédération des communautés juives d’Espagne (FCJE) a officiellement saisi la Fédération royale espagnole de football (RFEF).

Son président, David Obadía Chocrón, dénonce notamment les slogans « Juif que je vois, Juif que je piétine » et « L’Espagne est chrétienne et non musulmane ».

Le premier relève d’un antisémitisme d’une particulière violence. Le second porte un message d’exclusion religieuse. Dans les deux cas, le football sert de caisse de résonance à des discours qui n’ont rien à faire dans un stade, ni à ses abords.

Madrid ne peut pas vouloir la finale sans regarder autour

L’épisode intervient alors que Madrid aspire à accueillir la finale de la Coupe du monde 2030 au Santiago-Bernabéu.

La candidature ne peut donc pas être évaluée uniquement sur les infrastructures. Le Bernabéu est l’un des stades les plus puissants symboliquement et commercialement de la planète. Mais une Coupe du monde est aussi une vitrine des valeurs que le pays hôte entend projeter.

La FCJE rappelle que ces comportements ne représentent pas l’ensemble de l’afficion du Real Madrid. Mais cette nuance ne doit pas devenir une excuse pour l’inaction.

Le Real Madrid et la RFEF doivent répondre

Madrid veut la finale ? Alors Madrid doit aussi accepter les exigences qui vont avec.

Cela signifie une politique de tolérance zéro contre l’antisémitisme, l’islamophobie et toutes les formes de racisme autour du stade. Cela signifie identifier les auteurs, les sanctionner lorsque les faits sont établis et démontrer que les jours de match ne constituent pas des parenthèses où les règles élémentaires de respect disparaissent.

La question n’est pas de savoir si le club est responsable des propos de quelques supporters. La question est de savoir quelle réponse il entend apporter.

« Le football unit le monde » : vraiment ?

La situation prend une dimension presque caricaturale au regard du slogan de la FIFA : « Football Unites the World ».

Le football qui unit le monde ne peut pas, dans le même temps, tolérer que des personnes soient insultées ou menacées en raison de leur religion. Il ne peut pas transformer les abords de ses stades en tribunes de haine.

Le football qui prétend rassembler les peuples ne peut surtout pas se contenter de belles campagnes de communication lorsque la réalité raconte l’inverse.

En 2030, le Bernabéu devra être plus qu’un stade

Le Bernabéu peut être spectaculaire, rentable et ultramoderne. Mais pour accueillir une finale de Coupe du monde, il devra aussi incarner les valeurs de cette compétition.

Madrid veut le match le plus prestigieux du Mondial 2030. Elle doit donc accepter d’être jugée sur l’ensemble de l’expérience : dans le stade, autour du stade et dans sa capacité à combattre les comportements qui contredisent le message universel du football.

La FCJE vient de tirer la sonnette d’alarme. À Madrid, au Real Madrid et à la RFEF de démontrer qu’ils ont entendu.

En 2030, accueillir une finale ne consistera pas seulement à ouvrir les portes du Bernabéu. Il faudra pouvoir garantir que le football y rassemble réellement.

Add address