La CAF vient d’achever une mission d’inspection de huit jours au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie, les trois pays qui coorganiseront la TotalEnergies CAF Africa Cup of Nations 2027, du 19 juin au 17 juillet.
Présentée comme une visite technique, cette opération constitue en réalité un rendez-vous stratégique pour les organisateurs. À moins d’un an du tournoi, la question n’est plus seulement de savoir si les stades seront prêts. Il s’agit désormais de mesurer la capacité de l’Afrique de l’Est à délivrer un produit sportif international complet.
La délégation de la CAF a ainsi évalué un périmètre qui dépasse largement les infrastructures footballistiques : stades, terrains d’entraînement, hôtels, aéroports, transport, sécurité, médias, télévision, marketing et logistique. Au Kenya, le nouveau Talanta Stadium de Nairobi, d’une capacité annoncée de 60 000 places, constitue l’un des investissements structurants du dispositif. En Ouganda et en Tanzanie, le Mandela National Stadium de Kampala et le Benjamin Mkapa Stadium de Dar es Salaam figurent également parmi les installations inspectées.
C’est précisément là que se situe l’enjeu business de cette CAN.
Un grand tournoi continental ne se valorise plus uniquement par le nombre de sièges disponibles. Sa valeur repose sur la capacité à transformer l’événement en plateforme : droits médias, sponsoring, hospitalité, billetterie, tourisme, mobilité, activation des marques et rayonnement des villes hôtes.
La CAF semble d’ailleurs vouloir réduire le risque opérationnel en s’appuyant sur l’expérience récente du CHAN 2024 organisé conjointement par les trois pays. Les membres des comités locaux ont également été intégrés à une mission d’observation lors de la dernière CAN au Maroc, afin d’acquérir une expérience directe des opérations de stade, de la sécurité, des médias et du « matchday delivery ».
Le signal est important : pour PAMOJA 2027, l’enjeu sera autant la coordination que l’infrastructure.
La coorganisation Kenya–Ouganda–Tanzanie constitue une opportunité majeure pour structurer un marché sportif régional plus intégré. Mais elle augmente mécaniquement la complexité : trois administrations, plusieurs villes, différents écosystèmes logistiques et une promesse de marque qui devra rester homogène.
La CAF a donc raison de regarder au-delà des stades.
Le vrai verdict de 2027 ne portera pas uniquement sur la qualité des enceintes. Il portera sur la capacité de trois marchés à fonctionner comme une seule destination sportive.
Si PAMOJA réussit ce pari, la CAN 2027 pourrait devenir bien plus qu’un tournoi : un accélérateur durable du sport business en Afrique de l’Est.