Le président de la Fédération Camerounaise de Football vient d’être sanctionné par la CAF, à la suite de son attitude lors du quart de finale de la CAN 2025 contre le Maroc. La commission de discipline de la CAF l’a frappé d’une suspension de quatre matchs assortie d’une amende de 20 000 dollars. Une énième sanction pour un homme déjà suffisamment secoué.

Les faits à l’origine des sanctions

Cette décision intervient après une enquête ouverte par la CAF sur des « écarts de comportement » observés en coulisses et en tribune officielle au cours de la rencontre de quart de finale Cameroun-Maroc. L’enquête de l’instance faîtière a été déclenchée après la réaction très remontée de Samuel Eto’o en tribune officielle lors du match suscité d’ailleurs perdu par les Lions Indomptables zéro but contre deux. Sur des images devenues virales, on pouvait voir le président de la FECAFOOT s’en prendre verbalement aux décisions arbitrales, en se tournant notamment vers de hauts responsables du football africain et qui seraient alors Fouzi Lekjaa, le président de la Fédération Royale Marocaine de Football, et Patrice Motsepe, le président de la Confédération Africaine de Football.

La rencontre avait été émaillée de tensions, notamment après le refus de l’arbitre d’accorder un éventuel penalty à la sélection camerounaise pour une faute présumée sur Bryan Mbeumo. L’indignation camerounaise a été encore attisée par l’imbroglio, avant le match, autour d’un changement d’arbitre : l’Égyptien Amin Omar, probablement initialement désigné, aurait été remplacé par le Mauritanien Dahane Beida, à la demande de la fédération marocaine.

Une sanction dans un contexte disciplinaire chargé

Pour Samuel Eto’o, cette suspension de la CAF s’ajoute à un lourd passif disciplinaire accumulé depuis le début de son mandat à la tête de la FECAFOOT en 2021. A titre de rappel, le président de la Fédération Camerounaise de Football a été frappé par la FIFA, en septembre 2024 d’une suspension de six mois de tous les matches des sélections camerounaises, suite à un « mauvais comportement lors du Mondial U20 féminin ; en juillet 2024, il est frappé par la CAF d’une amende de 200 000 $ pour son contrat d’ambassadeur avec la société de paris 1XBET, sanction annulée en appel en février 2025 ; en août 2025, il est « mis en examen pour corruption, trucage de matchs et détournement de fonds », suite à des allégations de malversations dans la gestion de la FECAFOOT, exposées par certains acteurs du football camerounais.

Une présidence sous tension permanente

Au-delà des sanctions disciplinaires, Samuel Eto’o navigue depuis son élection dans un climat de crise quasi-permanent qui dépasse le cadre sportif :

Conflit institutionnel : Une lutte de pouvoir l’oppose au ministère camerounais des Sports, depuis la nomination imposée de l’entraîneur belge Marc Brys en 2024. Ce conflit a atteint son paroxysme à l’approche de la CAN 2025, Brys ayant été mis au placard par l’ancien du FC Barcelone.

Accusations criminelles graves : Une coalition menée par d’anciens dirigeants de la FECAFOOT a déposé des plaintes pour corruption, trucage de matchs et détournement de fonds auprès de la justice camerounaise, du TAS, de la FIFA et de la CAF. Ces accusations, si elles étaient prouvées, pourraient menacer la suite de son mandat et même la stabilité générale du football camerounais.

Méfiance interne : Des clubs amateurs camerounais ont déjà appelé Eto’o à démissionner, le qualifiant de « dictateur ».

Quel avenir pour Eto’o et le football camerounais ?

Dans l’immédiat, la suspension de quatre matchs signifie que Samuel Eto’o ne pourra pas assister aux prochaines rencontres officielles des Lions Indomptables. Le président de la FECAFOOT n’a pas encore officiellement réagi à cette sanction, mais son passé suggère qu’un appel devant l’instance d’appel de la CAF est probable.

À plus long terme, la succession de ces affaires met en lumière les profondes tensions qui minent la gouvernance du football camerounais. Les combats de Samuel Eto’o semblent désormais se jouer sur trois fronts simultanés : le terrain disciplinaire avec la CAF et la FIFA, le terrain judiciaire avec des accusations criminelles domestiques, et le terrain politique avec un bras de fer incessant contre le ministère des Sports. Cette instabilité chronique risque de continuer à peser lourdement sur la sérénité et les performances des sélections nationales camerounaises, dont les dernières sorties ne sont surtout pas à l’avantage d’une reconquête d’une gloire perdue.

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