A quelques heures de la finale entre le Maroc et le Sénégal, les billets sont officiellement épuisés. Par conséquent, la folle demande a engendré un marché secondaire où les prix flambent jusqu’à 8000 euros pour certains billets, témoignant de l’engouement exceptionnel pour le choc continental en attente.
La finale de la CAN Maroc 2025, attendue ce dimanche 18 janvier dès 20h (heure locale) à Rabat, a déjà pris la couleur du choc des titans qu’elle représente pour tous les observateurs. La rencontre de deux géants africains en pleine puissance, opposant l’équipe marocaine, hôte et demi-finaliste du dernier Mondial, à la sélection du Sénégal, vainqueur il y a deux éditions au Cameroun en 2022. À deux jours de ce match historique, la question de la billetterie devient brûlante pour des milliers de supporters.
Un accès officiel pratiquement introuvable
Moins de 48 heures avant le coup d’envoi, il devient extrêmement difficile de trouver des billets au prix officiel via les circuits classiques. Les canaux de vente directs, gérés par la CAF affichent aujourd’hui une indisponibilité totale.
La demande a été phénoménale, absorbant en un temps record toutes les places mises en vente pour ce choc qui déterminera le prochain champion d’Afrique. Cette situation a fait dire à un média sénégalais que les billets pour la finale sont tout simplement « introuvables » sur les plateformes officielles.
Un marché secondaire en pleine effervescence
Face à cette pénurie officielle, un marché secondaire, principalement informel, a explosé. Les petites annonces se multiplient sur des plateformes comme « avito.ma » au Maroc, où des particuliers et des revendeurs proposent des billets pour la finale.
Et de manière inévitable, les prix qui y sont désormais pratiqués donnent le vertige, reflétant une régulation qui échappe parfois aux organisateurs, sous la pression très exigeante de la loi de l’offre et de la demande. Initialement et à titre d’exemple, pour la catégorie 3 il fallait débourser 400 dirhams soit environ 38 euros, pour la catégorie 2, 600 dirhams soit 57 euros, tandis que pour la catégorie 1 on était à 900 dirhams soit environ 86 euros. A ce jour, le marché noir pousse les négociations pour chacune des catégories à des seuils renversants puisque nous sommes rendus cinq voire six fois au-dessus des coûts officiels initiaux.
Il est rapporté que certains billets, notamment pour la classe VIP, s’échangeraient même pour des sommes allant jusqu’à 8000 euros, soit près de 5 millions de francs CFA, selon les témoignages recueillis par des médias locaux. Cette situation crée une grande incertitude et des difficultés pour de nombreux supporters, notamment sénégalais, qui hésitent à finaliser leur voyage sans la garantie d’avoir un ticket en poche.
Les risques des achats hors circuits officiels
En outre, il convient de préciser que, acquérir un billet sur ce marché parallèle comporte des risques considérables que tout supporter doit connaître :
Le risque d’escroquerie car il est impossible de garantir l’authenticité d’un billet acheté à un particulier. De nombreux vendeurs annoncent des « billets électroniques avec QR code », mais rien ne prouve leur validité jusqu’au tourniquet du stade.
Le risque d’invalidité est très élevé car les billets peuvent être falsifiés, dupliqués ou tout simplement déjà annulés. Un seul QR code étant valide pour l’entrée, si la CAF venait à invalider les billets revendus illégalement, leurs acquéreurs sont donc en difficulté.
Le prix exorbitant est la première source d’inquiétude puisque les sommes demandées sont démesurées et ne correspondent en rien aux tarifs officiels initiaux, exploitant la passion des supporters.
L’absence de recours en cas de problème, puisqu’aucun remboursement ni échange n’est possible, contrairement à certaines garanties offertes par les vendeurs officiels.
La ruée vers les billets pour cette finale Maroc-Sénégal illustre à quel point cet évènement transcende le sport. Alors que les deux équipes se battent pour inscrire leur nom au palmarès et gagner une « deuxième étoile », les supporters, eux, se battent pour un sésame permettant d’assister en direct, à un moment qui fera l’histoire du football africain.